Stratégies

Baromètre PAP50 : quid de la consommation de papier en entreprise ?

Par Alexandre Foatelli | le | Rse

Cocréé par les organismes Risposte Verte et WWF, le baromètre PAP50 examine chaque année la consommation et le recyclage de papier en entreprises. Pour sa 10e itération, l’étude s’est concentrée sur les structures les plus consommatrices de papier : communicants, conseils, foncières, laboratoires, fournisseurs de tickets (Edenred, FDJ), grande consommation… Un benchmark qui fait apparaître de bonnes surprises, et quelques manques.

Le Baromètre PAP50 mesure la consommation de papier en entreprise. - © Getty Images/iStockphoto
Le Baromètre PAP50 mesure la consommation de papier en entreprise. - © Getty Images/iStockphoto

Ce cru 2021 du baromètre PAP50, centré sur les secteurs réputés comme les plus émetteurs de papiers, apporte son lot de bonnes surprises, certes favorisées par le contexte sanitaire. Confinements obligent, l’utilisation de papier en entreprise - déjà sur une tendance baissière depuis vingt ans selon Risposte Verte - a atteint des niveaux très faibles : en moyenne, les 28 entreprises participantes ont consommé 10 kg/ETP/an. Un chiffre largement inférieur aux 70 à 85 kg/ETP/an estimés par l’Ademe et à la moyenne observée par l’édition précédente de PAP50 dédiée aux banques et assurances, à 29kg/ETP/an. Pour preuve, les podiums en termes de consommation témoignent de performance exemplaire. Sur le papier à copier, le tiercé se compose de l’agence de conseil canadienne CGI, devancée par Accenture et Havas Paris, qui ne consomment respectivement que 110 et 34 feuilles de papier par collaborateur ! Concernant les DIPE (documents institutionnels, promotionnels et éditiques), les meilleures entreprises sont Prodigious, agence de Publicis, derrière Accenture, tandis que Havas Paris et Atos se partagent la première place.

Le classement de l'édition 2021 du Baromètre PAP50 - © Riposte Verte & WWF
Le classement de l'édition 2021 du Baromètre PAP50 - © Riposte Verte & WWF

Au classement général global, c’est Prodigious qui obtient le meilleur score avec 87/100 - deuxième meilleure note depuis 2010 -, devant BETC (Groupe Havas, 83/100) et Orange (81/100).

« Prodigious s’est engagée depuis près de deux ans dans une démarche écologique qui a pour objectif de limiter l’impact environnemental de ses activités, mais aussi de réduction des consommations de matières premières, dont le papier, explique Carine Cottereau, responsable RSE chez Prodigious. Notre politique papier s’est articulée en trois phases : la sensibilisation interne et le changement d’habitude, la mise en place d’outils pour limiter les impressions et la dématérialisation des process impliquant de fortes volumétries d’impression. »

Le segment des agences de communication se démarque, avec trois représentants dans le top 5 du classement général. Autre secteur performant sur l’utilisation du papier, celui des émetteurs de tickets restaurants et de jeux, dont trois membres figurent dans le top 10 (FDJ, Edenred et Up).

Le recyclage progresse, les achats déçoivent

Autre élément mis en lumière par le baromètre PAP50 pour cette édition : la généralisation de la pesée des bacs de collectes de papiers usagés en entreprise. Sur les 28 entreprises, 75 % des salariés concernés sont concernés par cette mesure, qui permet d’assurer un reporting précis. Un élément contributif de bonnes performances en matière d’émissions annuelles de CO2 . Si la moyenne annuelle en 2021 est de 76 kgéqCO2/ETP/an (hors grande distribution), les entreprises les plus performantes du baromètre n’ont émis que 1 kgéqCO2/ETP/an, et même moins d’un kilo pour la meilleure d’entre elles : Havas Paris.

En revanche, le tableau est moins reluisant du côté des achats durables.

Sur l’ensemble du classement, le papier issu de forêts gérées durablement ou de fibres recyclées et origine France garantie ne représente que 22 % des achats pour les DIPE et 26 % pour les ramettes.

Sur l’ensemble du classement, le papier issu de forêts gérées durablement ou de fibres recyclées et origine France garantie ne représente que 22 % des achats pour les DIPE et 26 % pour les ramettes. Certaines entreprises se montrent exemplaires, à l’instar d’Edenred, Orange, la FDJ ou encore Pôle Emploi dont les achats durables de papier (ramettes et/ou DIPE) vont de 80 à 100 %. A l’opposé, des segments entiers sous-performent, telle que la grande distribution (25 %), les laboratoires pharmaceutiques (2 %), les conseils et les foncières (0 %). Petit motif d’espérance en la matière souligné par le baromètre : la moitié des entreprises répondantes ont pris des engagements, avec une moyenne de 70 % d’achats durables de papier d’ici trois ans.

Que font les foncières ?

C’est l’autre point noir de l’édition 2021 de PAP50. Si tous les secteurs sollicités dénombrent des non participants, certains sont profondément marqués par un manque de transparence autour du sujet, notamment les foncières. Avec sept entreprises n’ayant pas répondu à l’étude pour seulement deux participantes, l’immobilier a l’un des plus mauvais ratios.

Avec sept entreprises n’ayant pas répondu à l’étude pour seulement deux participantes, l’immobilier a l’un des plus mauvais ratios.

Qui plus est, les deux entités étant montées au front ne se hissent qu’aux 13e (Carmila) et 23e (Covivio) rang, avec des notes respectives de 64 et 58 sur 100, signe que des marges de progrès importantes gisent parmi les réfractaires. Un manque de volontarisme regretté lors de la présentation du baromètre par Cyril Hergott, cofondateur-associé de Risposte Verte, qui appelle toutes les entreprises et institutions à prendre conscience de l’enjeu que représente la consommation de papier à si grande échelle. Un appel qui s’étend aux établissements publics, à la grande distribution, aux télécoms, aux conseils et aux laboratoires pharmaceutiques, où les fins de non-recevoir ont été plus nombreuses que les participations à l’étude.

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