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Sur les traces d’Airbnb, OfficeRiders place l’expérience utilisateur au cœur de ses tiers-lieux

Par Alexandre Foatelli | le | Modes de travail

Fondée à l’origine pour s’adresser aux travailleurs indépendants en demande d’un espace de travail à moindre frais, OfficeRiders met désormais en avant la singularité de ses tiers-lieux, à l’image des locations d’exception que peuvent proposer des plateformes comme Airbnb dans l’hospitality. Focus sur cette jeune entreprise avec son fondateur, Florian Delifer.

Victoria Amiard (à g.), Communications Manager d’OfficeRiders, lors de la cérémonie Worknight 2022. - © Républik Workplace
Victoria Amiard (à g.), Communications Manager d’OfficeRiders, lors de la cérémonie Worknight 2022. - © Républik Workplace

L’histoire d'OfficeRiders est étroitement liée à l’histoire entrepreneuriale de son fondateur, Florian Delifer. En quittant le Programme des Nations Unies pour l’environnement (Unep en anglais) en 2012, ce dernier créé sa première startup, baptisée Little Big City. « Il s’agissait d’un guide de city discovery, référençant les événements à proximité. J’avais pu faire une première levée de fonds auprès d’investisseurs français, mais par la suite le modèle économique n’a pas vraiment pris », raconte l’entrepreneur.

Pendant cette période, Florian Delifer passe du temps en Californie pour travailler son projet et solliciter des fonds. En plein centre de San Francisco, il loge dans un appartement Airbnb dédié aux entrepreneurs étrangers. « C’étaient des personnes comme moi qui venaient séjourner là-bas et qui se réunissaient dans le salon la journée pour travailler ensemble. L’appartement était plutôt vaste et agréable, avec un joli jardin en guise d’agrément », décrit Florian Delifer. Une expérience personnelle qui va avoir l’effet d’un déclic.

Florian Delifer apprécie ce modèle où le loyer résidentiel et professionnel fusionnent pour la location d’un seul lieu.

À l’instar de ses homologues entrepreneurs et travailleurs indépendants n’ayant pas beaucoup de moyen pour payer un loyer, Florian Delifer apprécie ce modèle où le loyer résidentiel et professionnel fusionnent pour la location d’un seul lieu. « J’ai pris conscience de la profusion d’autres appartements aussi intéressants et inspirants que celui-ci, qui sont laissés vacants la journée, situés en plein centre-ville et qui coûtent très cher à leurs hôtes et pouvant être très profitables à des personnes dans ma situation. C'était le point de départ d’OfficeRiders », se remémore le CEO.

Airbnb du tiers-lieu

Convaincu par la pertinence de son intuition, Florian Delifer s’entoure de personnes qui ayant des compétences clés pour développer un projet. Ce travail abouti au lancement d’OfficeRiders en France en 2015, suivi en 2016 de la première levée de fonds de 500 000 € via du crowdfunding equity.

Au terme de la réflexion sur son modèle, OfficeRiders se présente comme une marketplace collaborative « à l’image de Airbnb », destinée aux professionnels pour des locations en journée. « Nous nous sommes inspirés des fonctionnalités clés d’Airbnb afin de faire se rencontrer l’offre et la demande sur notre site de façon efficace », souligne Florian Delifer

Nous adressons désormais plus généralement des besoins de privatisation, de la part d'équipes ou de groupes qui veulent réserver des espaces pour une ou plusieurs journées de travail, Florian Delifer.

. À ce titre, OfficeRiders ne facture que des frais de service pour la mise à disposition de sa plateforme.

Si l’ambition de départ était de cibler les indépendants, les entrepreneurs et startupers, l’entreprise a été à l’avant-garde d’une évolution des besoins des actifs en général. « Nous adressons désormais plus généralement des besoins de privatisation, de la part d'équipes ou de groupes qui veulent réserver des espaces pour une ou plusieurs journées de travail, pour y faire des réunions, des événements, voire de la production audiovisuelle », constate Florian Delifer. Un type de besoin adapté à l’offre d’OfficeRiders, qui propose un mode de location très flexible, de la demi-journée à la semaine, dont les lieux sont, en outre, souvent proches des zones résidentiels, facilitant ainsi les regroupements de travailleurs.

Expérience utilisateur

Gardant à l’esprit le souvenir du bel appartement qu’il louait sur la côte ouest des Etats-Unis, Florian Delifer souhaite proposer des espaces très singuliers. La diversité des appartements est aussi au rendez-vous, avec des surfaces allant de 20 à 1 000 m². « Nous sommes un petit peu anti standard, et nous voulons proposer des expériences aux antipodes des bureaux classiques, expose-t-il. Le fait d'être chez des particuliers entraîne une vraie singularité dans le lieu. Les appartements ne sont pas tous extraordinaires, mais toujours a minima assez inspirants, bien décorés et attractifs pour nos Riders, les utilisateurs. »

L’objectif de l’entreprise est de poursuivre le développement de l’entreprise, notamment à Lyon […] et regarde avec attention les dix premières villes de France.

En plus de ce caractère expérientiel, OfficeRiders présente un avantage comparatif sur le volet financier. « Pour les Riders, les prix sont 30 à 50 % inférieurs par rapport aux options traditionnelles que sont les centres d’affaires ou les hôtels pour une surface comparable », précise Florian Delifer. Grâce à ses atouts, OfficeRiders référence près de 9 000 espaces en France, dont 2 500 sont actifs et publiés sur la plateforme.

Désormais, l’objectif de l’entreprise est de poursuivre le développement de l’entreprise, notamment à Lyon - où elle comptabilise déjà plus de 300 espaces - et regarde avec attention les dix premières villes de France. Florian Delifer vise aussi l’international, mais n’envisage pas cette aventure hors des frontières sans trouver des partenaires, financiers et/ou stratégiques, pour appuyer son développement.

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