Rh

Télétravail en Europe : record historique avec 10 % des offres d’emploi concernées

Par Alexandre Foatelli | Le | Modes de travail

Indeed a analysé les offres d’emploi publiées sur son site depuis 2020. Résultat : la mention “télétravail” apparaît dans 10 % des offres, un record historique.

La mention « télétravail » n’a jamais été plus présente dans les offres d’emplois en Europe. - © Getty Images/iStockphoto
La mention « télétravail » n’a jamais été plus présente dans les offres d’emplois en Europe. - © Getty Images/iStockphoto

Le télétravail poursuit sa progression sur le marché du travail en Europe, comme le montrent les données d’Indeed. Deux ans après la sortie de crise, la part des offres mentionnant le télétravail reste proche de son record historique dans cinq des six grandes économies européennes, excepté en Italie.

Quelques disparités géographiques

En effet, si la tendance en Europe occidentale reste dans l’ensemble uniforme, des disparités entre pays existent. Ainsi, en Allemagne, en France et au Royaume-Uni, la part du télétravail dans les offres d’emploi se maintient à ses niveaux les plus élevés, aux alentours de 10 % pour la France, contre 15 % pour ses deux voisins.

Parmi les six plus grandes économies européennes, l’Espagne est le pays où les employeurs proposent le plus souvent du télétravail dans les annonces, avec 18 % du total. À l’opposé, aux États-Unis, le recul du télétravail dans les offres est notable (8 % contre 10 % début 2022), et s’explique par la chute des projets de recrutement dans le secteur de la tech.

Poids du télétravail par pays, au 31/12/2023 - © Indeed
Poids du télétravail par pays, au 31/12/2023 - © Indeed

L’impact de la crise de la tech sur le télétravail

Le potentiel de télétravail dépend évidemment des métiers. La plupart des emplois dans le secteur technologique, par exemple, peuvent être exercés à distance, d’où l’importance de vérifier si la progression du télétravail dans les offres ne reflète pas uniquement un effet sectoriel.

C’est aux États-Unis que la divergence entre les deux tendances est la plus marquée. Le reflux du télétravail est dû à celui de la Tech et le poids du télétravail serait resté stable sur 2022 et 2023 (au lieu de diminuer) si les recrutements dans ce secteur n’avaient pas significativement ralenti.

Part du télétravail dans les annonces d’emploi - © Indeed
Part du télétravail dans les annonces d’emploi - © Indeed

En France, le poids des métiers du numérique n’influe pas sur la part du télétravail dans les offres. C’est également le cas au Royaume-Uni. En Allemagne, en revanche, le poids du télétravail dans les annonces serait légèrement plus important (15,7 % contre 14,6 % au 31 décembre 2023), et au-dessus de son plus haut historique de 15,3 %, si la part du secteur du numérique dans les annonces n’avait pas diminué par rapport à 2022.

Au-delà des enjeux organisationnels et du bouleversement qu’il occasionne dans les habitudes de management, le télétravail semble donc rester un atout pour les entreprises et les candidats, d’autant plus dans un marché où la mobilité est contrainte par la crise immobilière et l’effet des augmentations de salaires dilué par la hausse des prix des dernières années.