Aménagement

Colas trace sa route vers le Future of Work

Par Alexandre Foatelli | le | Archi & space planning

Faire du siège le lieu d’engagement des collaborateurs et des projets, de toutes les interactions et de l’émulation collective. Tels étaient les objectifs de la transformation du siège de Colas en 2021. Pour y parvenir, le bâtiment propose à ses utilisateurs plus d’espaces de collaboration et d’interactions, plus de possibilités de lieux de replis pour travailler seul et se concentrer, assister à une réunion à distance, mais aussi et surtout plus d’espaces de vies et de convivialité. L’opus se veut aussi à l’image du cœur de métier de l’entreprise : la construction et la maintenance de routes.

Colas a fait évoluer les aménagements initiaux de Prism’, son siège social du 15<sup>e</sup> arrondissement. - © D.R.
Colas a fait évoluer les aménagements initiaux de Prism’, son siège social du 15e arrondissement. - © D.R.

Devant l’évolution rapide de l’organisation de l’entreprise, la pratique des nouveaux usages au travail ainsi que le développement du télétravail, Colas a souhaité faire évoluer les aménagements initiaux de Prism’, son siège social du 15e arrondissement de Paris, réalisés en 2018. Pour piloter ce projet, Antoine Abis, responsable AMOA chez Colas et Damien Dreyfous-Ducas, directeur Conseil chez Isotop ont œuvré de concert.

Sur la base d’un audit sur l’utilisation et la fréquentation du siège réalisé entre décembre 2020 et janvier 2021 par Isotop, conforté par l’organisation d’ateliers de coconception des nouveaux espaces avec un panel représentatif des collaborateurs des différentes directions métiers, les deux hommes mènent la transformation des 7 800 m² du siège de l’entreprise en site occupée en seulement quelques mois.

Liberté de placement

Le prérequis de cette transformation reposait sur l’acceptation d’une règle commune pour l’ensemble des services : la libération de 30 % des surfaces de bureaux classiques pour gagner les mètres carrés nécessaires pour développer ces nouveaux aménagements. Une règle qui n’allait pas forcément de soi, dans une société où la pratique du télétravail n'était pas du tout dans les mœurs et où le management intermédiaire ne croyait pas à la viabilité d’un fonctionnement avec moins de postes de travail.

« Dans la définition du projet, nous avons estimé à de 200 m² par étage le besoin pour créer les nouveaux aménagements, soit l'équivalent de 20 à 25 postes de travail classiques par étage, explique Damien Dreyfous-Ducas. Cela revenait à supprimer une centaine de bureaux largement sous-occupés. »

« Nous avions 440 postes pour environ 420 utilisateurs précédemment, et nous sommes descendus à 340 postes classiques, auxquelles s’ajoutent les aménagements de postures alternatives, qui portent le nombre de places disponibles à 440, détaille Antoine Abis. Dans les faits, cela suffit largement, car entre les congés, les jours de formation ou encore les arrêts maladie, le site n’est jamais vraiment complet. » En effectuant le tour des étages, effectivement, point d’embouteillage, de nombreux spots sont disponibles pour les collaborateurs, que ce soient des postes traditionnels, des boxes, des alcôves, des fauteuils ergonomiques ou des tables hautes.

Le cœur de la transformation du siège de Colas repose sur la mise en place d’un flex office partiel et d’une liberté de s’installer n’importe où. « Tous les espaces collaboratifs ne sont pas réservés à tel ou tel étage », souligne Antoine Abis. Cette dynamique permet le brassage des collaborateurs et des services sur les différents plateaux, au service d’un surcroit d’interactions et d’une meilleure circulation de l’information. Ainsi, les espaces communs informels aménagés à chaque étage au niveau de la pointe nord de l’immeuble sont accessibles, que ce soit la zone « bibliothèque » ou l’espace de créativité.

Scénarisation des espaces

Ces espaces atypiques font partie intégrante du projet de transformation. « Assez contraint par la réalité architecturale du bâtiment, nous avons procédé à la libération et mise en commun des espaces les plus agréables des plateaux, situés dans la pointe du bâtiment », explique Antoine Abis. Des lieux à forte image et avec vue sur Paris ont été scénarisés, tantôt pour encourager l’esprit idéateur et les échanges, tantôt pour s’y replier et travailler en zone calme et protégée.

Face à la forte demande lors des ateliers de pouvoir bénéficier d’espaces de silence propices à la concentration, au repli et à la production en « milieu calme », les instigateurs du projet ont aménagé une zone de travail partagée et scénarisée à l’image d’une bibliothèque universitaire. « Cet espace permet de travailler en silence, déconnecté et sans interactions ni sollicitations extérieures. Cela permet de libérer des salles de réunions ou des box détournée actuellement pour ces usages », souligne Damien Dreyfous-Ducas.

Parallèlement, un autre étage propose un espace organisé comme un petit amphithéâtre permettant de lancer une dynamique de création et de créativité, équipé des technologies informatiques adaptées, propices à la créativité et au partage. L’espace peut également servir de lieux de pause et de détente lorsqu’ils sont non occupés.

Image de marque

Si les aménagements intérieurs du siège correspondent à une mouvance largement répandue dans les projets récents (variétés de postures de travail, espaces informels, lieux de réunion et d’isolement pour le travail individuel), Colas a souhaité que son identité soit préservée. Une volonté qui transparaît principalement dans la cafétaria, plébiscitée lors des ateliers comme le lieu essentiel de la convivialité et des interactions informelles.

Offrant comme ailleurs une diversité de postures afin de déjeuner seul ou en équipe, de se détendre, mais aussi d’échanger sur un dossier, cet espace réinvente la réalité « métiers » et terrain de Colas, à savoir la route et le monde du chantier. L’espace a été pensé afin de rendre hommage aux collaborateurs avec un mur de casques représentant les collaborateurs des 46 filiales de l’entreprise à travers le monde, une tisanerie reprenant les codes du laboratoire de chantier, des tables de restauration réalisées en enrobé bitumineux, ainsi qu’un couloir agrémenté de la technologie Flowell, solution de signalisation dynamique développée par Colas.

Entièrement repensé, le siège de l’entreprise de travaux publics se place comme un démonstrateur d’une manière de faire, adaptée aux besoins exprimés par les utilisateurs tout en affirmant l’identité forte de la marque Colas. « Parmi les quatre directions territoriales, celle du Nord-Est est partante pour réaménager ses locaux basés à Nancy », se réjouit Antoine Abis.

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